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Sara Bran, Dentellière sur Or

 

 

Sara Bran est une alchimiste de l’or. Elle fait surgir de ses œuvres la plus grande fragilité de l’or et sa puissante beauté. Chaque bijou est travaillé avec une multitude de détails, de messages cachés, ou encore orné de pierres précieuses. 

Elle travaille entre autre pour les Maisons de la Place Vendôme mais c’est à l’occasion de son exposition "Sara Bran L’or des Secrets" au Musée Le Secq des Tournelles de Rouen que nous l’avons rencontrée.

Dans cette église du XVème Siècle devenue Musée, au milieu d’œuvres de ferronneries spectaculaires et fascinantes, Sara Bran nous parle de son travail, de ses recherches pour offrir l’excellence du geste, et de son exposition "Sara Bran L’Or des Secrets" qui rentre en communion évidente avec les œuvres des artisans des siècles précédents du Musée.  

 

Ça a débuté comment ?

 

Ça a commencé par la sculpture. J’étais sculpteur sur pierre et je peignais également. J’avais un fort intérêt pour l’objet décoratif et notamment pour la parure du corps, le bijou. Un jour j’ai cassé un petit élément de sculpture et j’en ai fait un bijou.  Ça a commencé comme ça !

 

De ce premier bijou, j’en ai fait un autre, et ainsi de suite. Lors d’une exposition, j’avais emmené quelques pièces et un galeriste m’a commandé une collection.

De là se sont enchainées plusieurs collections. Les premières pièces étaient très sculpturales et essentiellement avec des matières naturelles, des bois précieux, de l’ivoire fossile, des pierres de couleurs semi-précieuses.

Pour que tout cela soit porté, il m’a alors fallu des notions plus techniques en joaillerie.

Je suis allée voir un ami joaillier, pour qu’il m’apprenne les bases de la bijouterie joaillerie, dont le travail des métaux précieux.  Le bijou a commencé à prendre de plus en plus de place.

Quand j’ai commencé à apprendre la découpe manuelle à la scie bocfil, je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup à faire au niveau ornemental, avec des jeux d’ombre, des jeux de finesse, de détails. Cela me fascinait.

 

Par la suite, je me suis lancée dans des créations beaucoup plus expérimentales, des recherches plus poussées. C’est à ce moment là que j’ai rencontré des dentellières textile. Je me suis rendu compte qu’on avait des similitudes dans les motifs, les ornementations.

J’ai commencé à me pencher sur leur répertoire ornemental. Cela m’a amenée à faire de la recherche au Portugal pendant deux ans. Ce qui a donné naissance à la première collection "L’Or du Temps".

J’ai collecté des motifs de dentelle textile et j’en ai réinterprété certains dans l’or ou l’argent.

J’ai fait des recherches pour arriver à quelque chose qui n’était alors pas possible ; avoir la finesse de l’exécution des dentelles textiles mais aussi la souplesse. Il faut alors forger les métaux, mettre en forme, travailler des épaisseurs très fines. Je voulais arriver à trouver cette souplesse et cette légèreté du textile qui par définition n’est pas présente dans le métal. Cela a demandé des années de recherches sur les alliages, la mise en œuvre, la forge et la construction.

 

En parallèle j’élaborais ce qui est devenu mon alphabet au niveau créatif. J’ai commencé par collecter les motifs de dentelles textiles. Je les ai réinterprétés pour les adapter à la matière et je me suis mise à dessiner mes propres motifs sur or.

Car pour la matière or, on procède par enlèvement de matière, par découpe, alors que les dentellières textiles,  elles, font des nœuds, des trames. Ma démarche est différente mais j’arrive à faire des points qu’elles font et j’en ai intégré dans mes créations. Donc j’arrive à mélanger leur alphabet et le mien.

 

Dentellière sur or, c’est un métier qui n’existe pas. Comment définissez-vous votre métier ?  

 

Il me fallait un métier, donc je me suis inventée un. J’ai une forte base de dessin. J’ai fait beaucoup de peinture, de sculpture sur pierre, ce qui me donne également une bonne base en volume. J’ai ensuite intégré une partie des bases du métier de bijoutier joaillier pour atteindre un niveau d’exécution et de finition de Haute Joaillerie.  On me classe généralement dans la Haute Joaillerie car je travaille également,  ainsi que mes collaborateurs, pour les grandes Maisons de la Place Vendôme, et en même temps je ne fais pas de la joaillerie !

Je mets juste des diamants dans mes dentelles ; je crée un bijou qui est en métal précieux  et dans lequel il y a des pierres précieuses, ou des diamants.

Je travaille beaucoup pour des commandes privées, des bijoux  et des objets sur-mesure comme par exemple des bagues, des alliances. Je vais intégrer des motifs personnalisés, c’est la pointe du sur-mesure, car je peux tout faire en ornementation.

 

Je fais avec plaisir des créations qui ressemblent à mes clients. Par exemple, j’ai un couple qui avait découvert mon travail en Musée, ils m’ont contactée pour faire des alliances. C’est une très belle histoire !

Il y a deux alliances dans lesquelles on a en décor les étoiles de Cocteau en extérieur avec des rythmes variés mais similaires sur les deux alliances. En revanche, on a deux motifs différents à l’intérieur des anneaux. Pour elle, c’est un motif très féminin qu’on a dessiné ensemble et pour lui, j’ai travaillé le décor de leur bibliothèque. C’est un motif que j’ai composé pour eux et que je ne referai pas. On synthétise tout cela dans le bijou qui est bien évidement porté, symbolique et peut être transmis.

 

Cela peut être également des objets plus importants, des parures, de l’habillage d’objet.

Par exemple, j’ai réalisé un habillage sur un flacon de cristal pour la Maison Guerlain en série limitée et numérotée pour la collection exclusive de La Petite Robe Noire.   

 

Nous sommes dans un lieu incroyable, le Musée Le Secq Des Tournelles pour votre exposition "Sara Bran L’Or des Secret". Parlez-nous de votre exposition.  

 

Il y a un jeu dans cette histoire car il y a eu une première exposition.  J’ai commencé à faire des recherches et à collecter des motifs de dentelles textiles dans les Musées au Portugal.  Le résultat de ce premier travail est une collection qui s’appelle "L’Or du Temps" qui a été présentée deux fois à Lisbonne.

Pour l’exposition au Secq des Tournelles j’ai été invitée par son ancienne conservatrice,

Anne-Charlotte Cathelineau, pour découvrir les collections du Musée et dialoguer avec les collections. J’ai identifié des objets qui résonnent  par le décor, les formes, la technique avec mes créations. De là j’ai élaboré cette exposition "Sara Bran L’Or des Secrets".

 

Car au Secq des Tournelles il y a une fantastique collection d’objets, notamment de clefs et de serrures. Il y a par exemple des serrures dites "à secrets", qui sont de véritables chefs-d’œuvre.

Quand ils élaboraient des serrures complexes, ils gravaient des inscriptions ou des motifs à l’intérieur, motifs qui ne sont visibles que par ceux qui comprennent le mécanisme des serrures. C’est assez fascinant et j’ai eu le plaisir de rencontrer ces maîtres serruriers !

 

C’est une véritable source d’inspiration pour les motifs, les constructions. J’ai identifié des thèmes forts, majeurs, que je retrouve dans mes collections. C’est intéressant, car je suis face à une collection de milliers d’objets, avec derrière plusieurs milliers d’artisans et en fait il y a une recherche sur l’excellence, et les détails des thématiques qui reviennent comme des messages cachés.

En temps qu’artisan d’excellence c’est complètement captivant, c’est comme si je les rencontrais. Il y a des thèmes auxquelles je m’attache beaucoup, comme les fleurs, ou le thème des cœurs qui  est une ligne conductrice dans  mon travail.

Quand nous avons  élaboré ce programme avec le Musée, je suis venue en résidence trois fois pour travailler les collections. C’était incroyable de voir les détails de certains objets, comme ce serpent de mer, les écailles, les plumes des oiseaux… vraiment époustouflant !

 

Dans cette exposition il y a aussi un cabinet à dessins où je présente une dizaine d’années d’archives, mes dessins personnels, mes études, les plans techniques de mes pièces.

La Maison Piaget nous a autorisés à présenter les dessins de notre collaboration, et il y a également les nombreux dessins que j’ai faits ici au musée,  ainsi que mes notes sur les pièces des collections.

Je présente plus d’une soixantaine de pièces réunies pour l’exposition, il y a 13 sous-verre, plusieurs centaines de dessins originaux, et des calques. C’est une belle exposition !

 

Il y a des pièces emblématiques comme le Col Au cœur de la dentelle Guipure 2010, c’est une pièces phare  un grand col fleuri. Le Col 1001 autres Fleurs pour la Paix,  qui est une nouvelle création. Le Col Point d’Alençon qui avait été réalisé pour une exposition en 2013  "Secrets  de dentelles"  au Musée d’Alençon.

Il y a également deux pièces de créations en dialogue avec une des œuvres du Musée, la Crèche Lanterne. C’est une œuvre emblématique du musée, unique au monde. Dans l’ornementation elle est  grandiose car on est dans l’architecture du carré et il y a des volutes partout.

 

Dans le catalogue de l’exposition il y a quatre chapitres, un  pour chaque thématique.

Le premier chapitre c’est "Les secrets des fleurs", qui est un thème incontournable dans l’art, dans ce musée,  et dans mon travail. Puis "Les secrets des profondeurs" pour l’ombre et la lumière qui sont indissociables,  avec également un travail sur les poissons, l’univers sous marin que j’adore, avec les monstres marins baroques. "Le secret des cœurs" car c’est tout simplement important et c’est un motif omniprésent dans mon travail. Enfin  le dernier chapitre "Les secrets du temps", car on n’échappe pas au temps…La notion du temps est présente pour la réalisation de chaque pièce, il faut plusieurs mois pour la réalisation d’un seul objet.

Quand on peut consacrer plusieurs centaines d’heures à une œuvre, il peut arriver que cette œuvre soit plus forte, plus dense, elle a une âme.

La Manchette aux cœurs comporte 65 diamants et a demandé plusieurs mois de travail. On est dans l’infiniment petit avec un niveau de précision important mais comme l’étaient ces artisans des siècles précédents, c’est là qu’on se rencontre.

Et le temps est une notion importante pour le monde du Luxe.

 

Après cette exposition, où vous imaginez-vous ?

 

Certainement dans un prochain Musée d’ici deux ou trois ans. J’ai toujours plusieurs projets à la fois.  J’ai deux collaborations qui commencent cet été dont une avec une Maison de mode parisienne. Et puis j’ai un projet en collaboration avec des photographes sur la bio-diversité.  C’est un travail purement artistique en dialogue avec des photographes. Ce sont des tableaux que je travaille avec ma technique à partir de leurs photographies. Ce travail a pour vocation d’être présenté en galerie.

Je vais créer cet été une association pour m’engager pour la protection de l’environnement. Pour dédier  l’excellence du luxe à  la conservation.

Je rencontre depuis plusieurs années des gens qui travaillent sur la thématique de la nature  avec ce haut niveau d’excellence et qui sont prêts à s’engager.

Quand un objet est extrêmement beau on arrive à toucher les gens, cela permet d’ouvrir le dialogue et peut déclencher une prise de conscience. 

Tous les artistes et les artisans se sont inspirés et s’inspirent de la nature, de ce monde qu’on va laisser à nos enfants. 

Il est important de véhiculer un message pour sauvegarder la beauté que la nature continue de nous offrir.

 

Exposition "Sara Bran L’Or des Secrets" au Musée Le Secq Des Tournelles de Rouen

Du 8 juin au 4 novembre 2018

Oeuvres de Sara Bran et découverte de "Sara Bran L’Or des Secrets" à l’Espace 109

 

Sara Bran, Lacemaker on Gold

 

 

Sara Bran is an alchemist of gold. She brings out from her works the greatest fragility of gold and its powerful beauty. Each jewel is worked with a multitude of details, hidden messages, or decorated with precious stones.

She worked for the Maisons de la Place Vendôme among other things, but it was during her exhibition "Sara Bran The Gold of Secrets" at the Secq Des Tournelles Museum in Rouen that we met her.

In this 15th century church, now a museum, in the midst of spectacular and fascinating pieces of ironwork, Sara Bran tells us about her work, her research to offer excellence in gesture, and her exhibition "Sara Bran The Gold of Secrets" which is in evident communion with the works of the craftsmen of the previous centuries of the Museum.

 

How did it begin?

 

It started with sculpture. I was a stone sculptor and I also painted. I had a strong interest in the decorative object and especially for the adornment of the body, the jewel. One day I broke a small piece of sculpture and made a jewel.

It started like this!

 

From this first jewel, I made another, and so on. During an exhibition, I had taken a few pieces and a gallery owner ordered me a collection.

From there chained several collections. The first pieces were very sculptural and mostly with natural materials, precious woods, fossil ivory, semi-precious colored stones.

For all this to be worn, I then needed more technical notions in jewelery.

I went to see a jeweler friend, to learn the basics of jewellery bijouterie, including precious metal work. The jewel began to take more and more space.

When I started to learn the manual cutting with the saw bocfil, I realized that there was much to do at the ornamental level, with games of shade, games of finesse, details. It fascinated me.

 

Later, I embarked on much more experimental creations, further research. That's when I met textile lacemakers. I realized that we had similarities in patterns, ornamentations.

I started to look at their ornamental repertoire. This led me to do research in Portugal for two years. This gave birth to the first collection "The Gold of Time".I collected textile lace patterns and I reinterpreted some in gold or silver.

 

I did some research to come up with something that was not possible then; to have the finesse of the execution of the textile lace but also the flexibility. It is then necessary to forge the metals, to form, to work very thin thicknesses. I wanted to find this flexibility and lightness of the textile, which by definition is not present in the metal. It took years of research on alloys, implementation, forging and construction.

 

In parallel I elaborated what became my alphabet at the creative level. I started by collecting textile lace patterns. I reinterpreted them to adapt to the material and I began to draw my own motifs on gold.

Because for the gold material is carried out by removal of material, by cutting, while the textile lace makers, they make nodes, frames. My approach is different but I manage to make points that they make and I integrated in my creations. So I can mix their alphabet and mine.

 

Lacemaker on gold is a job that does not exist. How do you define your job?

 

I needed a job, so I invented one. I have a strong drawing base. I did a lot of painting, stone carving, which also gives me a good base in volume. I then integrated some of the basics of jeweler's craft to achieve a level of execution and finishing Haute Joaillerie. I am usually classified in Haute Joaillerie because I also work, as well as my collaborators, for the big Houses of the Place Vendôme, and at the same time I do not make jewels!

I just put diamonds in my lace; I create a jewel that is precious metal and in which there are precious stones, or diamonds.

I work a lot for private orders, jewelery and custom objects such as rings, wedding bands. I will integrate custom patterns, it is the tip of tailor-made, because I can do everything in ornamentation.

 

I happily create creations that resemble my clients. For example, I have a couple who had discovered my work in the museum, they contacted me to make alliances. It's a very beautiful story!

There are two wedding rings in which the Cocteau stars are set outside with different but similar rhythms on both rings. On the other hand, there are two different patterns inside the rings. For her, it's a very feminine motif that we drew together and for him, I worked on the decor of their library. This is a motive that I composed for them and that I will not do it again. We synthesize all this in the jewel that is obviously worn, symbolic and can be transmitted.

 

It can also be more important objects, ornaments, object wrapping. For example, I made a dressing on a crystal bottle for Maison Guerlain in limited and numbered series for the exclusive collection of La Petite Robe Noire.

 

We are in an incredible place, the Museum Secq Des Tournelles for your exhibition "Sara Bran The Gold of Secrets". Tell us about your exhibition.

 

There is a game in this story because there was a first exhibition. I started to research and collect textile lace patterns in Museums in Portugal. The result of this first work is a collection called "The Gold of Time" which has been presented twice in Lisbon.

For the exhibition at Secq Des Tournelles its former curator, Anne-Charlotte Cathelineau, to discover the collections of the Museum and interact with the collections, invited me. I identified objects that resonate with the decor, the forms, and the technique with my creations. From there I developed this exhibition "Sara Bran The Gold of Secrets".

 

Because at Secq Des Tournelles there is a fantastic collection of objects, including keys and locks. There are, for example, so-called "secret" locks, which are true masterpieces.

When elaborating complex locks, they engraved inscriptions or motifs on the inside, patterns that are only visible to those who understand the mechanism of locks. It's quite fascinating and I had the pleasure of meeting these locksmith masters!

 

It is a true source of inspiration for the reasons, the constructions. I have identified some strong, major themes that I find in my collections. It's interesting because I'm in front of a collection of thousands of objects, with several thousands of artisans behind me, and in fact there is research on excellence, and the details of themes that come back as hidden messages.

As a craftsman of excellence it is completely captivating, it's as if I met them. There are themes to which I attach a great deal, such as flowers, or the theme of hearts that is a conducting line in my work.

When we developed this program with the Museum, I came in residence three times to work on the collections. It was amazing to see the details of some objects, like this sea serpent, the scales, and the feathers of the birds ... really amazing!

 

In this exhibition there is also a drawing cabinet where I present ten years of archives, my personal drawings, my studies, the technical plans of my pieces.

The Maison Piaget allowed us to present the drawings of our collaboration, and there are also the many drawings that I made here at the museum, as well as my notes on the pieces of the collections.

I present more than sixty pieces assembled for the exhibition, there are 13 coasters, several hundred original drawings, and layers. It's a beautiful exhibition!

 

There are emblematic pieces such as the Collar at the Heart of Guipure Lace 2010, it is a flagship piece with a large floral collar. The Collar 1001 other Flowers for Peace, which is a new creation. The Collar Point d’Alençon, which was realized for an exhibition in 2013 "Secrets of laces" at the Alençon Museum.

There are also two pieces of creations in dialogue with one of the Museum's works, La Crèche Lanterne. It is an emblematic work of the museum, unique in the world. In ornamentation it is grandiose because we are in the architecture of the square and there are scrolls everywhere.

 

In the catalog of the exhibition there are four chapters, one for each theme.

The first chapter is "The secrets of flowers", which is an essential theme in art, in this museum, and in my work. Then "The secrets of the depths" for the shadow and light that are inseparable, with also a work on fish, the underwater world that I love, with the baroque sea monsters.

"The secret of hearts" because it's just important and it's an ubiquitous motive in my work. Finally the last chapter "The secrets of time", because we do not escape time ... The notion of time is present for the realization of each piece, it takes several months for the realization of a single object.

When one can devote several hundred hours to a work, it may happen that this work is stronger, more dense, it has a soul.

The Cuff to Hearts has 65 diamonds and took several months of work. We are in the infinitely small with a high level of precision but as were these artisans of previous centuries, this is where we meet.

And time is an important concept for the world of luxury.

 

After this exhibition, where do you imagine?

 

Certainly in a future Museum within two or three years. I always have several projects at once. I have two collaborations starting this summer including one with a Paris fashion house. And then I have a project in collaboration with photographers on bio-diversity. It is a purely artistic work in dialogue with photographers. These are paintings that I work with my technique from their photographs. This work is intended to be presented in gallery.

I will create this summer an association to commit myself for the protection of the environment. To dedicate the excellence of luxury to conservation.

For several years, I have been meeting people who work on the theme of nature with this high level of excellence and who are ready to commit themselves.

When an object is extremely beautiful you can reach people, it opens the dialogue and can trigger an awareness.

All artists and artisans are inspired and inspired by nature, this world we will leave to our children.

It is important to convey a message to safeguard the beauty that nature continues to offer us.

 

Exhibition “Sara Bran The Golden Secrets” at The Secq Des Tournelles Museum in Rouen

From June 8 to November 4, 2018

 

Art by Sara Bran and discovery of “Sara Bran The Gold of Secrets” at Espace 109

 

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