© MAISON SENSEY 2017 - 2019

  • Facebook - Black Circle
  • Instagram - Black Circle
  • Twitter Round
Please reload

POST RÉCENTS : 

NOUS SUIVRE : 

  • Facebook - Grey Circle
  • Twitter Clean Grey
  • Instagram Clean Grey

Korloff, le diamant noir

 


La vie de Daniel Paillasseur, le fondateur de la prestigieuse Maison Korloff, est un roman fait de passions et de créations. Ce Lyonnais qui a débuté comme apprenti boucher a fait de la Maison Korloff  l’un des plus beaux joailliers français. Entre audace et excellence il a su bousculer les codes du diamant. 

Aujourd’hui il a transmis son savoir-faire et sa passion à son fils Olivier qui continue de perpétuer les valeurs d’authenticité et de prestige de l’entreprise familiale.  

Nous avons eu la chance de pouvoir évoquer avec cet élégant visionnaire ses débuts, sa rencontre avec le légendaire diamant noir, son histoire avec la mode, son idée du bonheur et son envie de donner une nouvelle vie au diamant pour qu’il devienne le plus noble des placements et ainsi lui offrir ses lettres de noblesse.

Les diamants ne sont-ils pas éternels…

 

"Parce que le diamant n’a pas tout donné, il est capable de bien plus". D.P. 

 

Ça a débuté comment ?

 

Qu’est ce qui a débuté ? Car des débuts, j’en ai eu en permanence. Et je commence tous les jours quelque chose de nouveau.

C’est un roman ! Ce n’est pas facile de parler de soi.

J’ai eu une enfance assez difficile, où on ne m’a jamais demandé ce que je voulais faire. A 14 ans, mon père m’a dit "Daniel, le boucher du village a besoin d’un commis, tu vas travailler là.." On ne m’a pas demandé si je voulais continuer mes études alors que j’étais plutôt bon élève. C’est comme ça que je me suis retrouvé garçon boucher à 14 ans. A 17 ans, j’ai eu un autre maître d’apprentissage qui m’a tout appris : le respect et surtout la valeur du travail.

 

Puis ce fut le temps du service militaire. En rentrant de l’armée je ne savais pas trop que faire et donc, comme tout le monde, j’ai un peu tâtonné.

La seule chose que je savais faire c’était vendre, et bien ! J’ai vendu toute sorte de produits mais ce n’était pas encore ça. Un jour un représentant est passé nous proposer des reproductions de toiles de maîtres. Je n’avais pas de notions en peinture, ni en décoration, ni en art mais j’ai eu le déclic.

J’ai réussi à me faire embaucher. En deux ans je suis devenu le meilleur vendeur de tableaux et j’ai été promu directeur de la société.

Par la suite je me suis mis à mon compte et ai créé mon Atelier, « l’Atelier des Arts et Décoration » où j’avais une équipe de six vendeurs. A la fin on sélectionnait des talents, des peintres et on faisait leur cotation. 

Et un jour une société de vente à domicile de diamants a copié nos méthodes commerciales ; c’est comme si on m’avait volé mon petit.

 

Je crois aux rencontres, et pour vendre des diamants il fallait rentrer dans un monde qui n’était pas le nôtre. Je suis donc parti pour Anvers où j’ai rencontré mon associé. Et cela fait quarante-cinq ans que nous travaillons ensemble.

Il venait d’une grande société, avec trois générations de tailleurs de diamants et m’a tout appris de ce monde fascinant qu’est celui du diamant. Ce fut la chance de ma vie de tomber sur lui, je touchais au Saint des Saints !

Je suis arrivé dans ce métier avec des idées de commercialisation très novatrices car atypiques pour le marché du diamant. Ils avaient le produit et moi l’envie de le vendre autrement. Et pendant deux ans on a commercialisé du diamant.

 

Nous sommes arrivés avec nos envies, le savoir-faire est venu après, mais on a mis toutes nos envies et nos idées sur le produit et l’acquisition du savoir-faire s’est faite de façon autodidacte. C’est ce qui a plu car on a cassé les codes de ce métier. On faisait des choses différentes, on utilisait des matières différentes, on mariait des produits très chers avec des produits bon marché. L’important était que cela ait de la gueule ! Nous avons introduit la nacre, la laque, le diamant noir ou encore le plastique dans une profession très conservatrice.

Et nous avons eu l’audace de signer nos bijoux ! On était les premiers à le faire…

On nous disait "pour qui vous vous prenez, comment osez vous ?".

Nos créations surprenaient, on avait les meilleurs joaillers de France et le jour où on a décidé de les signer on a perdu 30% de nos clients car nous n’étions que des sous-traitants, des créateurs de l’ombre et là on avait décidé de rentrer dans la lumière.

 

Le marché français acceptait mal nos innovations, nous nous sommes donc tournés vers l’export. Nous avons trouvé des terrains plus fertiles, où les idées nouvelles étaient bien accueillies. On a commencé par le Moyen-Orient puis l’Asie et maintenant nous sommes présents dans le monde entier.

Aujourd’hui pour se faire reconnaître il faut être encore plus créatif qu’avant car pour exporter depuis la France il faut être extrêmement innovant. Nous nous surpassons en permanence, en osant toujours davantage.

 

Pour être reconnu en tant que marque, il fallait des accessoires, des montres, des stylos, des parfums, on a même fait de la mode pendant une dizaine d’années. On faisait des défilés dans le monde entier. On était un peu comme les artistes, on partait en tournée ailleurs et on revenait à Paris faire le dernier show.

A Paris, on avait une boutique rue François 1er. Pour moi c’était une très belle période, la mode était un vecteur qui permettait d’imposer son style. Nous étions libres de faire ce que l’on voulait et de créer ce que l’on ressentait. Cela donnait une puissance et une légitimité aux franchises et aux licences. Car on fabriquait des lunettes, des parfums, des chaussures… Mais le trop c’est comme le pas assez, pour ne pas se perdre il a fallu revenir en arrière.

 

La mode est-elle plus créative que le diamant ?

 

Le diamant c’est une matière, des codes que nous avons cassés. Il y a une vingtaine d’années nous avons sorti la première taille, la Korloff Cut 73 qui était aussi une façon de nous différencier de tous nos concurrents qui eux utilisaient une taille universelle. Nos produits avaient quelque chose de plus avec une taille qui était la nôtre et de meilleure qualité.

Nous nous sommes recentrés sur le diamant, car c’est notre ADN.

Aujourd’hui cette taille on l’a faite progresser pour faire une deuxième taille qu’on a terminée il y a cinq ans, la Korloff Cut 88, car 88 facettes en rapport avec le plus gros diamant du monde.

 

Et cette histoire démarre le jour où mon associé m’a dit "Daniel, ferme tes yeux, ouvre ta main" et il y avait cet énorme diamant noir dans ma main. Et une extraordinaire histoire en prime : ce diamant avait appartenu à la famille Korloff-Sapojnikoff, un grand nom de la noblesse russe. La légende disait que celui qui le touche reçoit bonheur, chance et prospérité. Nous sommes devenu propriétaire de ce diamant huit ans plus tard, en 1988. Le chiffre 88 était omniprésent. Nous avons donc créé un diamant à 88 facettes. Cette taille est désormais reconnue et on a la folie de croire qu’un jour cela pourrait être une valeur au même titre que l’or. Car depuis la nuit des temps, l’or et le diamant sont des matières rares et précieuses. Le diamant est entre les mains de grands spécialistes. Par exemple sur une pierre d’un carat il y a des milliers de possibilités de prix. Il faut mettre de l’ordre dans ce marché et organiser une classification pour pouvoir donner une grande transparence au produit. L’idée c’est de créer un cours du diamant pour le particulier, de façon que lorsqu’il achète une pierre, il connaisse son prix official le jour où il veut la revendre.

On est toujours arrivé comme dans un jeu de quilles, mais c’est pour cela qu’on existe aujourd’hui.

 

Quand vous avez touché ce diamant noir pour la première fois, quelles émotions avez-vous ressenties ?

 

Je mets toujours un gant pour le toucher. Car j’estime que le bonheur ou la chance ne se galvaudent pas, il faut en prendre soin. Le bonheur, il faut le toucher doucement, ne pas trop lui en demander. Il faut le consommer à petites doses pour rester heureux. Pour être heureux il faut être raisonnable dans la quantité de bonheur qu’on utilise. Il ne faut pas trop exiger du bonheur si on ne veut pas être déçu. C’est ma façon de voir les choses, c’est ma ligne de vie.

 

Je suis un homme comblé parce que j’ai limité les hauts, j’ai limité les bas et j’ai une constance dans mon bonheur. Je suis un homme heureux.

On peut être heureux avec tellement peu de choses. Il faut être heureux dans sa tête. J’ai toujours dit aux gens, « faites ce que vous aimez »  et si ça marche on peut espérer qu’un jour on peut gagner de l’argent. Mais l’argent ne doit jamais être un moteur pour réussir, il faut faire ce que l’on aime. Si on fait ça à l’envers ça ne fonctionnera pas. La passion est le seul guide qui vaille. Sans étoiles dans les yeux, ça ne marche pas.

Effectivement si on m’avait dit qu’un jeune garçon boucher serait capable de vendre des diamants dans le monde aujourd’hui…

 

Aujourd’hui j’ai passé la main à mon fils, il travaille avec la passion que je lui ai transmise, son envie, ses idées, son héritage mais j’ai passé le flambeau.

Mais maintenant j’ai envie de donner une autre vie au diamant avec la cotation du diamant. Parce que le diamant n’a pas tout donné et il est capable de donner beaucoup plus.  

C’est la plus belle matière au monde, la plus brillante, la plus précieuse et je souhaite faire d’elle une valeur de sauvegarde et de survie. C’est le plus beau placement, le plus noble. Toute personne qui a un peu les moyens doit avoir de la menue monnaie en diamants. Car on peut aller partout dans le monde, si les diamants sont cotés ils peuvent s’échanger dans le monde entier. Au delà de l’esthétique c’est un vrai un produit financier. Donc on crée les codes pour qu’il soit reconnu en tant que tel.

C’est une merveilleuse aventure ! C’est donner les lettres de noblesse au diamant, c’est extraordinaire. On peut lui apporter beaucoup et il peut surtout beaucoup nous apporter.

 

Découvrez la collection de la Maison Korloff à l'Espace 109

 

 

 

Korloff, the black diamond

 

 

The life of Daniel Paillasseur, founder of the prestigious Maison Korloff, is a novel made of passion and creation. This Lyonnais, who started as a butcher's apprentice, made Maison Korloff one of the finest French jewellers. Between audacity and excellence he has shaken the codes of the diamond.

Today he has passed on his know-how and passion to his son Olivier who continues to perpetuate the values of authenticity and prestige of the family business.

We were fortunate enough to be able to talk to this elegant visionary about his debut, his meeting with the legendary black diamond, his history with fashion, his idea of happiness and his desire to give a new life to the diamond so that it becomes the most ought after investment vehicle and thus offer him nobility.

After all, diamonds are forever...

 

"Because the diamond has not given everything, it is capable of much more." D.P.

 

How did it begin?

 

What started? Because beginnings, I have some permanently. And I start something new every day.It's a novel! It's not easy to talk about yourself.

I had a rather difficult childhood, where I was never asked what I wanted to do. At the age of 14, my father told me "Daniel, the village butcher needs a apprentice, you will work there .." I was not asked if I wanted to continue my studies while I was rather good at school. That's how I found myself a butcher boy at 14 years old. At 17, I had another teacher who taught me everything: respect and especially the value of work.

 

Then it was the time of military service. When I came back from the army I did not know what to do and so, like everyone else, I was a little groped.

The only thing I knew how to do was sell, well! I sold all kinds of products but it was not that yet. One day a representative came to offer us reproductions of paintings of masters. I did not have any notions in painting, decoration or art but I had the click.

I managed to get hired. In two years I became the best paintings salesman and I was promoted director of the company.

Subsequently I started my own business and created my Atelier, "The Arts and Decoration Workshop" where I had a team of six salesmen. In the end we selected talents, painters and we made their quotation.

And one day a company selling diamonds home copied our business methods; it's as if my kid was stolen.

 

To sell diamonds you had to enter a world that was not ours. So I went to Anvers where I met my partner. And we have been working together for 45 years.

He came from a big company with three generations of diamond cutters and taught me everything about this fascinating world of diamonds. It was the chance of my life to bump into him!

I arrived in this business with very innovative marketing ideas as atypical for the diamond market. They had the product and I wanted to sell it differently. And for two years we marketed diamond.

 

We arrived with our desires, the know-how came after, but we put all our desires and our ideas on the product and the acquisition of the know-how was done in a self-taught way. That's what pleased because we broke the codes of this profession. We did different things, we used different materials, we married very expensive products with cheap products. The important thing was that it has mouth! We introduced mother-of-pearl, lacquer, black diamond or plastic in a very conservative profession.

And we had the audacity to sign our jewellery! We were the first to do it ...

We were told "for whom do you take, how dare you?"

Our creations were surprising, we had the best jewellers in France and the day we decided to sign them we lost 30% of our customers because we were only subcontractors, creators of the shadow and there we had decided to enter the light.

 

The French market did not accept our innovations, so we targeted export markets. We found more fertile grounds, where new ideas were welcomed. We started in the Middle East and then in Asia and now we are present all over the world.

Today, to be recognized, you have to be even more creative than before because to export from France you have to be extremely innovative. We constantly outdo ourselves, always daring more.

 

To be recognized as a brand, you needed accessories, watches, pens, perfumes, you even did fashion for a decade. There were parades around the world. We were a bit like the artists, we went on tour elsewhere and we came back to Paris to do the last show.

In Paris, we had a shop rue François 1er. For me it was a beautiful period, fashion was a vector that allowed to impose his style. We were free to do what we wanted and create what we felt. It gave power and legitimacy to franchises and licenses. Because we made glasses, perfumes, and shoes ... But too much it's like not enough, not to get lost, we had to go back.

 

Is fashion more creative than diamonds?

 

Diamond is a matter, codes that we have broken. Twenty years ago we released the first size, the Korloff Cut 73 that was also a way to differentiate us from all our competitors who used a universal size. Our products had something more with a size that was ours and better.

We refocused on the diamond because it's our DNA. Today this size has been made to progress to a second size that was completed five years ago, the Korloff Cut 88, because 88 facets in relation to the largest diamond in the world.

 

And that story starts the day my partner told me "Daniel, close your eyes, open your hand" and there was that huge black diamond in my hand. And an extraordinary story bonus: this diamond had belonged to the Korloff-Sapojnikoff family, a great name of the Russian nobility. Legend has it that the one who touches him receives happiness, luck and prosperity. We became the owner of this diamond eight years later, in 1988. The number 88 was omnipresent. So we created an 88-faceted diamond. This size is now recognized and we are foolish to believe that one day it could be a value in the same way as gold. Since the dawn of time, gold and diamonds are rare and precious materials. The diamond is in the hands of great specialists. For example on a stone of a carat there are thousands of price possibilities. It is necessary to put order in this market and to organize a classification to be able to give a great transparency to the product. The idea is to create a diamond course for the individual, so that when he buys a stone, he knows his official price the day he wants to sell it.

We always arrived as in a game of bowling, but that's why we exist today.

 

When you touched this black diamond for the first time, what emotions did you feel?

 

I always put a glove to touch it. Because I feel that happiness or luck is not overused, you have to take care of it. Happiness, you have to touch it gently, do not ask too much of it. It must be consumed in small doses to remain happy. To be happy you have to be reasonable in the amount of happiness you use. We must not ask too much happiness if we do not want to be disappointed. It's my way of seeing things; it's my life line.

 

I am a happy man because I have limited the highs, I have limited the stockings and I have constancy in my happiness. I am a happy man.

We can be happy with so few things. You have to be happy in your head. I have always told people, "do what you love" and if it works we can hope that one day we can make money. But money must never be an engine to succeed; we must do what we love. If we do that backwards it will not work. Passion is the only guide that is worth it. Without stars in the eyes, it does not work.

Actually if I had been told that a young butcher boy would be able to sell diamonds in the world today ...

 

Today I passed my son's hand, he works with the passion that I transmitted to him, his desire, his ideas, his legacy but I passed the torch.

But now I want to give another life to the diamond with the quotation of the diamond. Because the diamond has not given everything and it is able to give much more.

It is the most beautiful material in the world, the most brilliant, the most precious and I wish to make of it a value of safeguard and survival. It is the most beautiful investment, the most noble. Anyone who has a little money must have small change in diamonds. Because we can go anywhere in the world, if the diamonds are listed they can be exchanged around the world. Beyond aesthetics it's a real financial product. So we create the codes for it to be recognized as such.

It's a wonderful adventure! It's giving the diamond acclaim, it's extraordinary. We can bring him a lot and he can especially bring us a lot.

 

 

Discover the collection of Maison Korloff at Espace 109

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload