© MAISON SENSEY 2017 - 2019

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Histoires parisiennes
 
Ça a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. C'est Arthur Ganate qui m'a fait parler. Arthur, un étudiant, un carabin lui aussi, un camarade. On se rencontre donc place Clichy. C'était après le déjeuner. Il veut me parler. Je l'écoute. « Restons pas dehors ! qu'il me dit. Rentrons ! » Je rentre avec lui. Voilà. « Cette terrasse, qu'il commence, c'est pour les oeufs à la coque ! Viens par ici ! » Alors, on remarque encore qu'il n'y avait personne dans les rues, à cause de la chaleur ; pas de voitures, rien. Quand il fait très froid, non plus, il n'y a personne dans les rues ; c'est lui, même que je m'en souviens, qui m'avait dit à ce propos : « Les gens de Paris ont l'air toujours d'être occupés, mais en fait, ils se promènent du matin au soir ; la preuve, c'est que lorsqu'il ne fait pas bon à se promener, trop froid ou trop chaud, on ne les voit plus ; ils sont tous dedans à prendre des cafés crème et des bocks.
Voyage au bout de la nuit.
Louis-Ferdinand Céline.
C'était un débordement d'étalages, le Bonheur des Dames sautait aux yeux du monde entier, envahissait les murailles, les journaux, jusqu'aux rideaux des théâtres. Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu'elle finit fatalement par aller au bruit. Du reste, il lui tendait des pièges plus savants, il l'analysait en grand moraliste. Ainsi, il avait découvert qu'elle ne résistait pas au bon marché, qu'elle achetait sans besoin, quand elle croyait conclure une affaire avantageuse ; et, sur cette observation, il basait son système des diminutions de prix, il baissait progressivement les articles non vendus, préférant les vendre à perte, fidèle au principe du renouvellement rapide des marchandises. Puis, il avait pénétré plus avant encore dans le coeur de la femme, il venait d'imaginer .es rendus., un chef d'oeuvre de séduction jésuitique. .Prenez toujours, madame : vous nous rendrez l'article, s'il cesse de vous plaire.. Et la femme, qui résistait, trouvait-là une dernière excuse, la possibilité de revenir sur une folie : elle prenait, la conscience en règle. Maintenant, les rendus et la baisse des prix entraient dans le fonctionnement classique du nouveau commerce.
Au Bonheur des Dames - Emile Zola - Extrait du chapitre 9

 

Nous n'achèverons pas sans faire observer aux néophytes de la fashion que le bon goût ne résulte pas encore tant de la connaissance de ces règles  que de leur application. Un homme doit pratiquer cette science avec l'aisance qu'il met à parler sa langue maternelle. Il est dangereux de balbutier dans le monde élégant. N'avez-vous pas souvent vu de ces demi-fashionables qui se fatiguent à courir après la grâce, sont gênés s'ils voient un pli de moins à leur chemise, et suent sang et eau pour arriver à une fausse correction, semblables à ces pauvres Anglais tirant à chaque mot leur pocket. Souvenez-vous, pauvres crétins de la vie élégante, que de notre XXIVe aphorisme résulte essentiellement cet autre principe, votre condamnation éternelle : L'élégance travaillée est à la véritable élégance ce qu'est une perruque à des cheveux.

Cette maxime implique, en conséquence sévère, le corollaire suivant : Le dandysme est une hérésie de la vie élégante. En effet, le dandysme est une affectation de la mode. En se faisant dandy, un homme devient un meuble de boudoir, un mannequin extrêmement ingénieux, qui peut se poser sur un cheval ou sur un canapé, qui mord ou tette habituellement le bout d'une canne, mais un être pensant...jamais ! L'homme qui ne voit que la mode dans la mode est un sot. La vie élégante n'exclut ni la pensée ni la science : elle les consacre. Elle ne doit pas apprendre seulement à jouir du temps, mais à l'employer dans un ordre d'idées extrêmement élevé.

Traité de la vie élégante - Extrait 

Honoré De Balzac, 1830

CAMILLE ROUCHER

Paris

 

PETER CHARLES

Paris

 

IA LONDON

London

 

Sara Bran

Paris

ERIC CHARLES-DONATIEN

Paris

 

ALI RAKIB

Paris

 

MICHIO KOIDE

Japan 

 

MIHCA CHO

Los Angeles

 

DANIEL PAILLASSEUR

Lyon

 

SEBASTIEN WOIRIN

Paris

EDOUARD QUINCHON

Paris

GUILLAUME LANCELOT

Paris

RoMAIN BIETTE

Paris 

CATHERINE BLOT

 Paris

SABINE LANGLOIS

Paris 

DARYN MOORE

Paris

Charlotte Bialas

Paris 

ALBERTUS SWANEPOEL

New York

SILVIE  KLEMENTOVA 

Paris - Guangzhou

 

Rupert Peter Landendinger

Copenhage

 

Nicolas Caito 

New York

 

Catherine Johnson

London

 

Héloïse Chiron

Louis-Marie De Bridiers

Paris

 

Angélique Duhaut

Paris

Monica Chiozzi

Bologna

Akiko Fuchigami

New York

FLORENCE VERDIER 

Paris 

David Vincent Camuglio

 

Paris

Les dessous chics
C’est ne rien dévoiler du tout
se dire que lorsqu’on est à bout
c’est tabou

Les dessous chics
c’est une jarretelle qui claque
dans la tête comme une paire de claques

Les dessous chics
ce sont des contrats résiliés
qui comme des bas résillés
ont filé

Les dessous chics
c’est la pudeur des sentiments
maquillés outrageusement
rouge sang

Les dessous chics
c’est se garder au fond de soi
fragile comme un bas de soie

Les dessous chics
c’est des dentelles et des rubans
d’amertume sur un paravent
désolant

Les dessous chics
ce serait comme un talon aiguille
qui transpercerait le cœur des filles…
fragile comme un bas de soie

Les dessous chics
c’est des dentelles et des rubans
d’amertume sur un paravent
désolant

Les dessous chics
ce serait comme un talon aiguille
qui transpercerait le cœur des filles…

Serge Gainsbourg, 1983

Album de Jane Birkin 

Baby alone in Babylone

GEORGES ASLANIDIS

London

NICOLA D'ORTA

Italy

 

MAURIZIO TONIATO

Roma

 

GIUSEPPE PIROZZI

Milano

 

RAMES XELHUANTZI

Mexico

 

ANDREW BASILE

New York

 

LÉO PIASTRA

Paris 

 

ROCCHINA DEL PRIORE

Bologna

REMY TORTOSA

Los Angeles 

 

Clive Arrowsmith

London

Rudy Bundini

New York

Brad Welling

Washington DC 

 

Todd Anthony Tyler 

Shanghai - New York

Alexandra Votsis

Toronto 

Si je descendais, par des rues toujours différentes, vers le jardin du Luxembourg, l’après-midi, je pouvais marcher dans les allées, et ensuite entrer au musée du Luxembourg où se trouvaient des tableaux dont la plupart ont été transférés au Louvre ou au Jeu de Paume. J’y allais presque tous les jours pour les Cézannes et pour voir les Manets et les Monets et les autres Impressionnistes que j’avais découverts pour la première fois à l’Institut artistique de Chicago. Les tableaux de Cézanne m’apprenaient qu’il ne me suffirait pas d’écrire des phrases simples et vraies pour que mes œuvres acquièrent la dimension que je tentais de leur donner. J’apprenais beaucoup de choses en contemplant les Cézannes mais je ne savais pas m’exprimer assez bien pour l’expliquer à quelqu’un. En outre, c’était un secret. Mais s’il n’y avait pas assez de lumière au Luxembourg, je traversais le jardin et gagnais le studio où vivait Gertrude Stein, 27, rue de Fleurus.

 

Paris est une fête - Ernest Hemingway –

Publié de manière posthume en 1964

 

COCOTTE

New York

Le Mas de Chastelas 

Saint-Tropez

GALLERY 109

Les mots ont une âme. La plupart des lecteurs, et même des écrivains, ne leur demandent qu’un sens. Il faut trouver cette âme qui apparaît au contact d’autres mots, qui éclate et éclaire certains livres d’une lumière inconnue, bien difficile à faire jaillir. 

Soyons des originaux, quel que soit le caractère de notre talent (ne pas confondre originaux avec bizarres), soyons l’Origine de quelque chose. 

L’originalité d’un artiste s’indique d’abord dans les petites choses et non dans les grandes. Des chefs-d’œuvre ont été faits sur d’insignifiants détails, sur des objets vulgaires. Il faut trouver aux choses une signification qui n’a pas encore été découverte et tâcher de l’exprimer d’une façon personnelle. 

Il faut éviter les inspirations vagues. L’art est "mathématique", les grands effets sont obtenus par des moyens simples et bien combinés. 

Guy de Maupassant,  1850-1893

GALLERY 109

Les Noëls  de la Rue de Buci  

 

Avant la guerre, c’était la nuit du 24 au 25 décembre qu’il fallait aller voir la rue de Buci, si chère aux poètes de ma génération. Une fois, dans un caveau voisin, nous réveillonnâmes, André Salmon, Maurice Cremnitz, René Dalize et moi. Nous entendîmes chanter des Noëls. J’en sténographiai les paroles. Il y en avait de différentes régions de la France.

Les Noëls ne sont-ils point parmi les plus curieux monuments de notre poésie religieuse et populaire ? Ce sont, en tout cas, les ouvrages qui reflètent peut-être le mieux l’âme et les mœurs de la province dont ils viennent. Le premier que je notai dans ce caveau de la rue de Buci était chanté par un garçon coiffeur, né à Bourg en Bresse.

Les noëls bressans ne sont certes pas des noëls de temps de guerre.

Les énumérations rabelaisiennes de victuailles y contrastent avec les restrictions de l’époque dépouillée où nous vivons.

 

Guillaume Apollinaire

Le Flâneur des deux rives, 1918 

George Aslanidis est un jeune photographe originaire de Thessalonique en Grèce. Il a d’abord démarré des études de sport mais c’est la photographie qui est venue à lui comme une évidence. 

C’est à Londres, la capitale de l’audace créative, qu’il a choisi de travailler et d’exprimer son talent de photographe.  

Ce mélange de culture donne à ses photos une pudeur, le goût du détail et une fragilité qu’il transmet dans l’univers de la mode. 

La lumière est le fil conducteur d’une simplicité presque naïve et à la fois minimaliste. La fragilité exprimée dans ses photos se rapproche d’une certaine vérité. Elle met en évidence l’humain en point central, presque sculptural, et la matière avec laquelle il joue en devient l’expression. 

Ça a débuté comment ? 

J’ai commencé à prendre des photos à l’école. Pendant les voyages scolaires, je prenais des dizaines de photos, des paysages, mes amis, ... Et c’est à l’âge de 19 ans que j’ai acheté mon premier reflex numérique.

A l’époque, je vou...

Nicola D’Orta est un photographe italien qui a étudié l’art et l’architecture pour développer sa créativité et l’affirmer dans la photographie. Il travaille pour de grandes marques et des magazines de mode internationaux. Mais au delà de la mode, il aime faire les portraits pour capturer les émotions et ainsi, figer dans le temps un instant d’ultime beauté et de vérité. 

Le noir et blanc est son expression privilégiée pour mieux se rapprocher de l’essentiel.  

Ses photos sont affirmées et parfois rebelles. Elles offrent une perception de la réalité sans compromis. Les portraits sont emprunts de liberté par le regard capturé. Nicola D’Orta considère les ombres et les lumières comme les racines de la perception de l’évidence. 

Ça a débuté comment?

Tout a commencé quand mon père m’a confié son précieux appareil photo. J'avais environ 13 ans et j'ai été impressionné quand j’ai compris que la lumière pouvait être capturée par un dispositif mécanique ... c'était magique pour moi!

Ensuite, j'...

Camille Roucher est une jeune créatrice de lingerie qui offre subtilité et finesse dans ses parures. Son parcours dans le milieu artistique lui a permis d’aborder la lingerie avec un sens esthétique élevé et raffiné.  Chaque détail apporté fait résonance avec son intuition créative. 

Les matières délicates et précieuses appellent la forme pour mieux suggérer et pour garder cette part de mystère exclusivement féminin.

Les matières fines sont sculptées dans des matières précieuses, le chic se trouve dans la fluidité des tissus et l’élégance dans la subtilité du style.

Les soies, les dentelles et les broderies se font ornements pour suggérer le corps de la femme dans une expression personnelle et privée.

Ça a débuté comment ?

Mon parcours est très artistique. Je viens des Beaux Arts et plus précisément de l’étude de la peinture. Cela est très éloigné de la lingerie mais j’ai eu un parcours artistique assez complet allant de la peinture, à la photographie jusqu’au théâtre.

Le théâtre m...

Peter Charles est une Maison de maroquinerie parisienne qui s’est construite sur un héritage de savoir faire. Pour Peter, fondateur de la marque, il y a eu un double héritage : le premier de son grand-père artisan dans le cuir, le second de son enfance passée auprès d’un cordonnier qui lui a donné le goût du travail du cuir. 

Et il y a Hugo, le fils, qui après un apprentissage dans une école prestigieuse de maroquinerie et un passage dans une grande Maison parisienne a décidé de suivre son père et de poursuivre ainsi l’histoire familiale.

Peter, passionné de cigares, a développé une collection prestigieuse destinée aux grandes civettes parisiennes, faites de cuirs exotiques aux couleurs chatoyantes et raffinées. Mais également une collection élégante de petite maroquinerie.

Hugo a choisi d’étendre ce savoir faire au sac en créant « Studio Charles ». Cette collection qui verra le jour très prochainement, sera empreinte de créativité, de modernité en se frottant à la mode dans son inte...

Maurizio Toniato est un photographe italien qui a choisi la mode pour atteindre la beauté  et capturer son âme. Son style est dans l’utilisation de la lumière et dans son caractère qui offre un relief parfois surnaturel et vivant. Il utilise les ombres comme sublimatrices de  théâtralisation et les couleurs comme révélatrices de la matière. 

Il considère la mode comme un vecteur de beauté et d’imagination. Il s‘en sert pour exprimer, entre clair-obscur,  la splendeur qu’elle a à offrir. 

L’émotion est également son graal. Influencé par la grand Maître Caravage, Maurizio Toniato suggère un tableau où le spectateur rentre lui-même dans la photo pour en devenir l’acteur. Il veut puiser dans ses portraits la quintessence qui donnera vie au mouvement, au regard, à l’imperceptible, à la sublimation de l’être.

Ça a débuté comment ?

Mon premier rendez-vous avec la photographie était vers l'âge de 13 ans. Un jour, j'achète un vieux réflex analogique et un manuel d...

IA London est une marque anglaise crée par Ira Avezov.  Son dernier défilé à la Fashion Week de Londres nous a offert une collection qui côtoie l’avant-garde et l’innovation sophistiquée britannique.  

Ira Avezov commence son processus artistique en créant une série d’œuvres numériques dessinées à la main. Semblable à une peinture, chaque œuvre devient la surface du vêtement.  La dualité de la forme et de l’œuvre se confrontent pour composer une œuvre d’art portée. 

Cette jeune créatrice exprime une philosophie, une singularité reconnaissable et se fait l’interprète de notre temps. 

La mode s’invite dans le débat artistique, dans la création personnalisée en affirmant les symboles du vêtement. 

Ça débuté comment?

J'étais designer bien avant de connaître le mot "design". Mes premières collections étaient en papier et peintes à la main. Je réalisais la garde-robe des poupées de mes camarades d’école primaire en échange de leur tolérance à mon égard.

J’ai...

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J’aime m’imaginer le temps des crinolines
Le Louvre étant fermé du côté Tuileries
Par un château chantant dans le soir des soieries
Les lustres brillaient trop à minuit pour le spleen
Le spleen a la couleur des bleus d’imprimerie
 
Il se fait un silence à la fin des quadrilles
Paris rêve et qui sait quels rêves sont les siens
Ne le demandez pas aux académiciens
Le secret de Paris n’est pas au bal Mabille
Et pas plus qu’à la cour au conseil des Anciens
 
Paris rêve et jamais il n’est plus redoutable
Plus orageux jamais que muet mais rêvant
De ce rêve des ponts sous leurs arches de vent
De ce rêve aux yeux blancs qu’on voit aux dieux des fables
De ce rêve mouvant dans les yeux des vivants
 
Paris rêve et de quoi rêve-t-il à cette heure
Quelle ombre traîne-t-il sur sa lumière entée
Il a des revenants pis qu’un château hanté
Et comme à ce lion qui rêve du dompteur
Le rêve est une terre à ce nouvel Antée
 
Paris s’éveille et c’est le peuple de l’aurore
Qui descend du fond des faubourgs à pas brumeux
Ils semblent ignorer ce qui déjà les meut
L’air a lavé déjà leurs grands fronts incolores
Des songes mal peignés y pâlissent comme eux
 
Qui n’a pas vu le jour se lever sur la Seine
Ignore ce que c’est que ce déchirement
Quand prise sur le fait la nuit qui se dément
Se défend se défait les yeux rouges obscène
Et Notre-Dame sort des eaux comme un aimant
 
Le paysan de Paris - extrait -
Louis Aragon